Retour d’Haïti d’un ami de la Fondation

La semaine dernière, Paul Evra, ami et ex-employé de la Fondation, est revenu d’Haïti où il faisait partie de la délégation de Montréal.
Pendant son séjour, Paul a travaillé avec Opération Koud Men (coup de main). Au retour, il a raconté son expérience à la Commission scolaire de Montréal.
Alors que nous avons encore toutes fraîches à l’esprit les souffrances inimaginables de nos voisins antillais, nous vous présentons les mots de Paul…

La semaine dernière, j’étais de la délégation montréalaise en Haïti organisée par le maire de Montréal. Mandaté par la Commission scolaire de Montréal, j’ai ainsi participé à l’opération Koud Men (« coup de main ») en compagnie de policiers du Service de police de Montréal et d’infirmiers et cela m’a permis de vivre des moments très forts.

En attendant un bilan et un rapport plus officiel, voici la communication que j’ai faite à la séance du Conseil des commissaires de mercredi.
Dans mes bagages, je rapporte avec moi le souvenir des enfants, adultes avant l’âge, prêts à laisser tomber les livres de classe pour suivre les traces de leur père, de leur mère, oubliant tous ces grands hommes à qui on a déjà rendu hommage. Je voudrais leur dire de revenir à la première page. « La perle des Antilles, elle n’a pas disparu… »
En Haïti
Ce que j’ai vu… J’ai vu un enfant me sourire parce que je lui ai lancé un petit sac de biscuits… un peu trop petit.
En Haïti
Ce que j’ai entendu…
J’ai entendu un peuple fier! Fier d’être encore en vie? Non, pas vraiment! Fier d’avoir encore le goût de vivre! Après avoir eu le souffle coupé, montrer qu’il respire.
En Haïti
Ce que j’ai senti…
J’ai senti un peuple dans le noir s’apercevoir que le tunnel, lui aussi, il faudra le reconstruire avant même de penser voir la lumière. Mais j’ai aussi senti l’espoir. Senti un peuple encore en vie. Senti que la poussière tombera, mais qu’eux seront toujours là, debout, chacun son mieux, mais tous très droits.
En Haïti
Ce que j’ai goûté…
J’ai goûté à leur riz, à leur mangue et à leur pâté. Mais j’ai surtout eu le goût de mettre la main à la pâte, et en parlant leur langue, de reconstruire le pays.
En Haïti
Ce que j’ai touché…
J’ai touché à la vie, car, malgré tout, la roue a peut-être bougé, mais elle continue à tourner. Si Katrina est passée un jour, cet évènement aussi ne sera, dans l’avenir, qu’un élément du passé.
En Haïti, j’ai vu, entendu, senti, goûté et touché. J’aimerais retourner en Haïti et revoir cet enfant me sourire, cette fois-ci parce que je lui tendrais un gros sac à dos… un peu trop gros.
Je lui dirais de retourner à la première page. «  La perle des Antilles n’a pas disparu… c’est toi! »
Alors, dépêche-toi de finir l’ouvrage.