Tenir la promesse de Winnipeg pour tous les enfants

Le 7 avril dernier, le maire de Winnipeg Brian Bowman a annoncé la création de The Winnipeg Promise. Il s’agit d’un plan pour que la Ville augmente sa participation au Bon d’études canadien (BEC), un programme dans le cadre duquel le gouvernement fédéral verse jusqu’à 2 000 $ pour les études postsecondaires d’enfants provenant de familles à faible revenu. Actuellement, seulement 31 % des familles canadiennes qui sont admissibles au programme possèdent un Bon, et le pourcentage est encore plus bas au sein de nombreuses communautés autochtones.

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De gauche à droite : Maire Brian Bowman, Joe March et Luke Connell d’ÉducAVERNIR, Stephen Huddart, Président-directeur général de la Fondation


Monsieur Bowman, qui est le premier maire d’origine autochtone d’une grande ville canadienne, a fait son annonce à Edmonton à l’occasion du sommet Cities Reducing Poverty, auquel participait également La fondation. Selon le président-directeur général Stephen Huddart, cette promesse s’avère particulièrement pertinente pour les enfants autochtones, puisqu’ils sont sous-représentés lorsque vient le temps de recevoir cette prestation. Il a ajouté espérer que cette promesse serve de modèle pour le reste du Canada.
Le comité directeur The Winnipeg Promise est composé de leaders locaux qui ont à cœur de trouver le meilleur moyen d’éliminer les obstacles empêchant les familles à faible revenu et les enfants d’accéder au BEC. Monsieur Huddart agira comme conseiller auprès du comité, tout comme May Wong de la fondation Omega. Celle-ci gère depuis plusieurs années le programme Smart Saver, qui souhaite faciliter l’inscription au BEC grâce à divers moyens, notamment son site Web.


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Au cours des dernières années, le secteur communautaire a travaillé pour accroître la participation à ce programme fédéral. Dans la communauté de Point Douglas à Winnipeg, l’initiative Winnipeg Boldness Project, cofinancée par Centraide-Winnipeg, des leaders civiques sociaux, la Province du Manitoba et La fondation de la famille J.W. McConnell ont répertorié les obstacles systémiques que les familles rencontrent lorsqu’elles tentent d’accéder au BEC. Ceux-ci vont d’un simple manque de sensibilisation au fait de ne pas posséder de compte bancaire, en passant par l’incapacité de débourser les 30 $ nécessaires pour obtenir le certificat de naissance exigé pour l’émission d’un numéro d’assurance sociale.
 
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Grâce à l’organisme communautaire local SEED Winnipeg, plus de 1 000 enfants ont été inscrits au BEC en l’espace de seulement 18 mois. Cela représente le transfert d’une somme potentielle de 2 millions de dollars dans la communauté, par le gouvernement fédéral seulement.

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Des preuves montrent que de manière générale pour le BEC, le compte moyen contient 5 400 $ après cinq ans, les familles étant très motivées à économiser davantage.
Il y a récemment eu un effort concerté pour garantir que les communautés autochtones canadiennes bénéficient du BEC. L’Association nationale des centres d’amitiés met à l’essai des stratégies de sensibilisation à cette fin.
Le travail de la coalition se concentre sur huit communautés pour son projet pilote : Nanaimo, Prince George, Edmonton, Grande Prairie, Saskatoon, Winnipeg, Val-d’Or et Halifax. L’Association nationale des centres d’amitiés a récemment embauché Brad Greyeyes‑Brant comme coordonnateur national du BEC. De plus, des travaux sont en cours pour concevoir des stratégies communautaires et faire la promotion de personnes en route vers le collège dans un contexte autochtone.
Une responsabilité collective en ce qui a trait aux questions autochtones
Lors d’un discours fait durant le sommet, Cindy Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des premières nations du Canada, a parlé du combat qu’elle mène depuis dix ans pour les enfants autochtones. « Comment cela pourrait-il être correct de donner moins à un enfant qu’à un autre? », a‑t‑elle demandé.
Elle faisait référence à son combat pour amener le gouvernement fédéral à financer des services pour les enfants habitant dans des réserves au même niveau que ceux dont bénéficient les enfants qui habitent ailleurs au Canada et qui ne sont pas d’origine autochtone. Elle a plaidé son cas devant le Tribunal canadien des droits de la personne et ce dernier, dans un jugement historique rendu en janvier dernier, s’est montré d’accord avec son argument premier, c’est-à-dire que le gouvernement fédéral a fait preuve de discrimination en bloquant ou en sous-finançant des services essentiels dans les réserves, comme l’éducation et la protection de l’enfance.
Madame Blackstock a mentionné que le jugement du tribunal n’avait toujours pas donné lieu à un nouveau financement significatif de la part du gouvernement fédéral.
Plusieurs autres conférenciers, y compris l’hôte Don Iveson, maire d’Edmonton, ont rappelé aux participants les obligations découlant des traités du Canada. Edmonton figure dans le Traité no 6, une entente signée pour la première fois en 1876 qui, comme tous les traités semblables, dicte des obligations pour les signataires autochtones et non autochtones. Le maire Iveson a encouragé tout le monde à remplir ces obligations.