Au laboratoire de l’économie du futur, nous rassemblons un groupe impliqué d’organisations pour inaugurer une nouvelle façon de développer des écosystèmes entrepreneuriaux pour créer des économies inclusives et résilientes. La première version du laboratoire, lancée conjointement par la Maison de l’innovation sociale, la Fondation McConnell, SecondMuse Capital et Real Ventures, axait ses activités sur l’économie du climat au Québec. Pour adapter le paysage complexe du financement climatique aux besoins des entrepreneurs et des investisseurs québécois, il faut connaître de manière approfondie les ressources de la province, les activités de ses entrepreneurs, la culture de ses investisseurs et ses priorités politiques. À cette fin, la première version du laboratoire de l’économie du futur à Montréal a placé la recherche au coeur de ses activités.

Nous avons mené des recherches multidisciplinaires : entrevues vidéo ou téléphoniques avec plus de 20 intervenants, analyse de bases de données, examen de rapports, schématisation des intervenants et ateliers virtuels avec plus de 30 participants. Cette recherche a orienté la conception d’une nouvelle structure de financement et de création d’écosystèmes pour servir l’économie du climat au Québec. Les recherches montrent qu’il existe au Québec un fort consensus au sein de la population en faveur de la prise de mesures contre les changements climatiques. La province est un leader en matière de développement durable depuis longtemps et a fixé des objectifs ambitieux en matière de changements climatiques, notamment une réduction de 37,5 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 (par rapport à 1990).

De nombreuses critiques ont été formulées à l’égard des mécanismes financiers traditionnels, comme leur manque de diversité ou le fait qu’ils favorisent uniquement la croissance des licornes, c’est-à-dire des entreprises en démarrage de grande valeur. C’est ce qui explique que des mécanismes (instruments et modèles) non traditionnels, conçus pour éviter certains de ces problèmes, ont été créés ou ont gagné en popularité (certains sont déjà en place depuis des dizaines d’années au sein de l’économie sociale). Selon notre expérience et nos recherches, la création d’écosystèmes, c’est-à-dire les connaissances, les ressources et les relations qui entourent et soutiennent les entrepreneurs et les innovateurs, est au coeur de la mise en place de nouvelles économies. Par conséquent, nous proposons un concept de fonds associé à un programme de création d’écosystèmes.

L’unicité du modèle proposé repose sur le fait que, dès le départ, les intérêts du travail de création d’écosystèmes et le fonds sont mis en adéquation de façon à se compléter et à se renforcer mutuellement ainsi qu’à réduire le risque de l’un et de l’autre. Nous sommes d’avis qu’en favorisant la saine croissance d’un écosystème axé sur le climat, nous pouvons réduire le risque associé aux investissements du fonds en encourageant la création d’une réserve d’investissements judicieux et en assurant la réussite des entreprises et des projets visés par ces
investissements.

Le fonds et le programme seraient gérés séparément, mais supervisés par un seul et même comité consultatif, qui serait en mesure d’offrir une vision et une orientation globales. Si les activités du programme de création d’ écosystèmes seront axées sur l’établissement de conditions qui permettront aux innovations climatiques de fleurir, le fonds servira à fournir le capital manquant aux entreprises évolutives et à attirer d’autres capitaux et mécanismes de financement dans le secteur climatique.

Le réseau de l’économie du climat au Québec est actif, mais il est encore jeune. Nous avons les bons éléments de base pour faire entrer le mouvement climatique dans une nouvelle ère où il sera plus inclusif et diversifié, connecté à l’échelle mondiale et axé sur les données.