« En vérité, nous ne sommes que des histoires. »
[traduction libre] — Thomas King, romancier

 

Au Canada et à l’étranger, les médias traditionnels vivent une période de bouleversement et de transition.

Le rapport de 2017 du Forum des politiques publiques du Canada intitulé Le miroir éclaté présente un environnement médiatique en crise, avec des centaines de bureaux de presse qui ferment leurs portes et encore davantage qui réduisent leurs services. La crise perdure d’ailleurs : de 2008 au 1er juin 2019, 278 bureaux de presse locaux ont cessé leurs activités dans 199 localités. De plus, selon le Local News Project de l’Université Ryerson, 74 bureaux de presse ont réduit leurs services dans 48 collectivités.

Le tableau n’est cependant pas entièrement sombre. Pendant la même période, 111 bureaux de presse locaux ont été ouverts dans 83 localités. Dans un rapport intitulé The Rise of Audience Funded Journalism, l’organisme The Discourse fait état d’un sous-secteur dynamique formé de médias indépendants – et principalement numériques – qui tirent leurs revenus d’une masse croissante d’abonnés payants. Selon le rapport, ce sous-secteur novateur et dynamique connaît une croissance rapide et pourrait avoir un impact majeur sur la transformation de la presse canadienne. Le Membership Puzzle Project de l’Université de New York arrive à des conclusions similaires. Par ailleurs, de nouveaux modèles de collaboration axés sur des sujets précis émergent aux ÉtatsUnis, comme l’association de six bureaux de presse floridiens et le regroupement international Climate Desk.

Ces changements dans le paysage médiatique se produisent à un moment où la société a probablement le plus besoin d’un écosystème journalistique riche. Les problèmes auxquels nous faisons face sont complexes. Il devient pressant d’en populariser les solutions, de créer des liens de confiance entre les citoyens et les communautés et de faire en sorte que les communautés se reconnaissent dans la presse locale et puissent s’y exprimer sur les sujets qui leur importent.

Pour ces raisons, de plus en plus d’organismes philanthropiques canadiens explorent diverses mesures pour garantir un paysage médiatique sain et faire en sorte que ce dernier réponde aux aspirations des collectivités du pays et favorise leur bien-être.

Au cours de la dernière année, un groupe d’affinité composé de bailleurs de fonds du domaine journalistique s’est réuni à quelques reprises pour échanger sur les pratiques exemplaires, l’avenir et l’évolution du secteur. Le rapport de la première rencontre peut être téléchargé ici.

Dans ce contexte, la Fondation McConnell et les Fondations communautaires du Canada ont rassemblé divers intervenants des domaines du journalisme d’intérêt public et de l’engagement démocratique pour leur permettre de tisser des liens, de mieux comprendre la relation entre la santé démocratique et le journalisme d’intérêt public et d’étudier différentes mesures éventuelles pour chaque secteur.