Les villes canadiennes vivent actuellement une période de transformation

Les villes représentent la source des solutions

L’humanité vit de plus en plus dans les villes, ce qui annonce une époque urbanocène (terme français pour décrire le concept Urbanocene mis de l’avant dans l’ouvrage de Geoffrey West). Selon le C40 Cities Climate Leadership Group, les villes consomment plus de deux tiers de l’énergie mondiale et produisent plus de 70 % des émissions de CO2. Par contre, Citiscope précise que « certaines des innovations à faibles émissions de carbone les plus prometteuses sont mises en œuvre en milieux urbains. Des efforts visant à encourager la marche, le vélo et le transport en commun en passant par la promotion de l’efficacité énergétique, plusieurs maires travaillent très fort pour sortir le carbone de leur ville. » (Scruggs, 2017). Selon Anne Hidalgo, la mairesse de Paris, les villes vivent actuellement une transition écologique. Mais cette transition, et c’est ce qui est crucial, va plus loin que l’écologie. L’urbanisme social salué de Medellín et d’innombrables autres innovations sociales ailleurs dans le monde prouvent que les villes doivent se concentrer aussi sur l’inclusion sociale, le domaine civique et la transformation des biens communs urbains.

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) indique que les villes sont les meilleurs endroits pour atteindre les Objectifs de développement durable des Nations Unies. En effet, l’objectif 11 vise la durabilité urbaine. À une époque où l’on peut observer partout sur la planète des bouleversements politiques, de l’extrémisme et des tensions sociales, les gens se tournent peut-être plus que jamais vers le Canada comme source d’inspiration, et cela inclut nos villes.

Les villes canadiennes

Les villes jouent un rôle central dans notre avenir collectif, si ce n’est que parce que plus de 80 % des Canadiens (29 millions) y habitent. À l’échelle mondiale, les villes canadiennes figurent régulièrement aux premiers rangs des palmarès en ce qui a trait à la qualité de vie, l’innovation sociale et technologique, les politiques vertes, la sécurité et les pistes cyclables (palmarès dressés par exemple par The EconomistIntelligent Communities Forum et Wired). Nous avons néanmoins encore du chemin à faire. Les inégalités augmentent, nos infrastructures se détériorent et nos municipalités ont moins de pouvoir que plusieurs de leurs homologues internationaux pour gérer leur avenir.

Un nouveau mouvement dynamique prend cependant son envol. Celui-ci tisse des liens entre les bâtisseurs urbains et les innovateurs sociaux. Des fils de plusieurs initiatives convergent, par exemple :

· les approches d’impact collectif (p. ex Civic Action à Toronto, le Projet impact collectif de Centraide à Montréal ou le réseau Vibrant Communities-Cities Reducing Poverty );

· les plateformes d’expérimentation (p. ex. City Studio à VancouverCivic Innovation à CalgaryCo*Lab à Halifax et 100 in 1 Day à Montréal, Toronto, Edmonton, Hamilton, London et Ottawa);

· l’apprentissage communautaire interculturel (à la Collingwood Neighbourhood House à Vancouver);

· la réhabilitation d’actifs civiques (comme les projets Evergreen Brick Works à Toronto et Salon 1861 à Montréal).

Ensemble, elles apportent une nouvelle énergie et de la créativité à la manière dont nous façonnons délibérément nos communautés urbaines pour qu’elles soient plus durables, qu’il fasse bon y vivre, qu’elles soient socialement inclusives et, par conséquent, plus propices à la production continue de capital social et culturel indispensable.

Au cours des 10 prochaines années, les gouvernements et le secteur privé investiront de manière sans précédent dans les infrastructures civiques canadiennes. Plus de 750 milliards de dollars seront investis dans les villes par tous les paliers de gouvernement. Le secteur privé multipliera ceci par 7, en construisant des tours de bureaux, des boutiques, des condos et des maisons. C’est là l’occasion de veiller à ce que les villes du pays continuent d’être parmi les plus sûres, inclusives et saines économiquement au monde. Comme catalyseur pour aider à propulser l’innovation, le gouvernement fédéral prévoit investir 300 millions de dollars dans le Défi des villes intelligentes (par l’entremise du ministère de l’Infrastructure et des collectivités et d’Impact Canada). Des investissements seront également faits par Technologies du développement durable Canada (400 millions $); la Banque de développement du Canada (600 millions $); la Fédération canadienne des municipalités ainsi que d’autres pour aider à créer une culture d’innovation dans nos villes. Énoncé simplement, nous vivons une période de transformation quant à la façon d’imaginer, de planifier, de concevoir et de bâtir conjointement et collectivement nos villes. Nous devons profiter de cette période de transformation pour garantir qu’il fasse bon vivre, travailler et s’amuser dans les villes canadiennes, et que tous les résidents puissent y prospérer.

Défi : Il nous manque les infrastructures collaboratives nécessaires pour exploiter le plein potentiel de cette période de transformation

Nous devons développer rapidement la culture d’innovation canadienne pour être en mesure de bien profiter de cette occasion sans précédent de créer des villes inclusives, équitables et régénératrices, capables de mieux servir les générations futures et au sein desquelles la diversité sera encore plus grande. Pour y arriver, nous devons accroître considérablement la collaboration dans l’ensemble des secteurs et entre les villes. Il nous faut une infrastructure collaborative efficace qui nous permettra de créer des partenariats et de propulser l’action, en abordant des enjeux complexes de manière holistique.

 Développer la culture d’innovation

Les villes sont des systèmes technologiques, écologiques et sociaux complexes au sein desquelles des acteurs de plusieurs milieux entrent en interaction. Il nous faut donc adopter une approche systémique si nous voulons que nos villes puissent relever les défis de notre époque, par exemple les inégalités croissantes, les changements climatiques et le désir des gens d’agir comme intermédiaire dans la réalisation du changement souhaité (Bai et al, 2016). Les possibilités d’une transformation systémique pouvant mener à une innovation urbaine inclusive s’offrent aux villes qui exploitent l’énergie collective de leurs résidents pour réfléchir, écouter et agir. L’organisme britannique The Royal Society for the encouragement of Arts qualifie ceci de participation citoyenne intégrée (« embedded citizen participation »). Il cite en exemple l’élaboration de budgets participative survenue à Porto Alegre au Brésil, désormais considéré comme un classique (Devaney et al, 2017). Au Canada, les villes de Toronto, Montréal, Guelph et Vancouver essaient l’élaboration de budgets participative. L’expérimentation de procédés de ce genre, la création de places et le renforcement des capacités communautaires modifie la donne quant à l’avenir des villes (Engle, 2016).

Il nous manque toutefois l’infrastructure collaborative requise pour permettre une réflexion et un travail à l’échelle de la ville qui catalyserait le changement vers une innovation urbaine inclusive plus poussée, tout en créant une économie à faibles émissions de carbone et des villes équitables qui seraient favorables à une participation citoyenne intégrée pour concevoir conjointement les villes de l’avenir.

Cette infrastructure est indispensable non seulement pour financer et bâtir de meilleures infrastructures physiques, mais aussi de meilleures infrastructures sociales en abordant des questions comme celles-ci : Comment la réconciliation se manifestera-t-elle dans les villes, là où habitent plus de la moitié des Autochtones? À quoi ressemble l’appartenance? Comment les villes peuvent-elles dialoguer de façon constructive et apprendre les unes des autres face à des obstacles de langue (anglais/français) et des barrières culturelles? Comment renverser plutôt que continuellement accroître la tendance vers des inégalités socioéconomiques croissantes? Quelles sont les innovations requises en matière de réglementation et de gouvernance pour mieux répartir la richesse et bâtir les villes comme des biens communs?

Si l’on compare le Canada au Royaume-Uni (p. ex. Nesta et Future Cities Catapult), à l’Europe (p. ex. URBACTLabGov) ou aux États‑Unis (p. ex. Living Cities et What Works Cities), force est de constater qu’il nous manque une plateforme collaborative permettant de telles activités. C’est pour cette raison que La fondation McConnell a octroyé une subvention à Evergreen en 2016. L’objectif était d’aider l’organisme à concevoir une initiative nationale,et à vérifier l’intérêt envers celle-ci, l’initiative en question visant à intégrer les efforts mis de l’avant par les gouvernements, les fondations, les universités, les communautés et les partenaires du secteur privé pour façonner l’avenir des villes canadiennes. La fondation McConnell a aussi octroyé une subvention à la Maison de l’innovation sociale (MIS) pour qu’elle se concentre sur l’écosystème québécois.

Evergreen, la MIS et d’autres partenaires utilisent des stratégies complémentaires. La première est la construction du Future Cities Centre dans l’immeuble Evergreen Brick Works à Toronto, qui devrait être terminée en 2018. Le centre inclura des espaces de travail, de formation, de rencontre et d’exposition. La deuxième stratégie consiste à essayer une approche d’urbanisme transitoire à Montréal dans le cadre de Villes d’avenir et du Laboratoire transitoire. Enfin, la troisième stratégie renvoie à la création de Future Cities Canada, une plateforme pour élaborer, diffuser et développer des approches d’urbanisme novatrices, au Canada et à l’étranger.

Occasion : C’est en catalysant des réseaux efficaces de gens, d’idées, de plateformes et d’innovations que nous pouvons créer les villes de l’avenir que nous voulons et qu’il nous faut.

Le nouveau paradigme en matière d’innovation

Partant de pratiques, de thèmes et de discours nouveaux, par exemple les villes en réseaules villes participativesles villes comme biens communsles villes partagées et les villes intelligentes, la réussite du Canada en tant que nation sera en partie déterminée par la manière dont les villes poursuivent l’innovation. Le 21e siècle comporte deux défis existentiels qui se renforcent l’un et l’autre : les inégalités sociales et les changements climatiques. La ligne de front pour élaborer conjointement des solutions se trouve dans nos villes, puisque les communautés urbaines consomment 60 % de l’énergie.

L’innovation est une des réponses possibles aux inégalités sociales et aux changements climatiques. Il est crucial de développer la vaste gamme d’actifs novateurs actuels, qui sont très dispersés, fragmentés et limités à une utilisation à petite échelle. Une des difficultés immédiates est que les défis sociaux et environnementaux ne sont pas distincts, mais plutôt liés entre eux. Une autre est que la majorité des Canadiens perçoivent l’innovation comme des projets novateurs « intelligents » dans le domaine commercial ou technologique. Le budget fédéral de 2017 est venu renforcer cette perception. Cependant, l’innovation technologique (STIM : science, technologie, ingénierie, mathématiques) et l’innovation commerciale (par exemple des modèles de fonctionnement originaux ou de nouvelles plateformes de service) ne représentent qu’une partie de l’équation. L’autre partie est l’innovation sociale. Dans le cas des villes, celle-ci porte aussi le nom d’innovation urbaine, d’innovation communautaire ou d’innovation civique.

Les innovations sociales renvoient à la manière dont les gens collaborent pour créer un changement, qu’il s’agisse de répondre à un besoin environnemental, comme la réduction de son empreinte écologique, ou à un besoin social, comme lutter contre la pauvreté, les inégalités, l’isolement social ou de faibles taux de réalisation scolaire. Elles peuvent d’abord prendre la forme de prototypes à petite échelle, mais leur but ultime est un changement systémique. C’est le cas du projet Newcomer Kitchen à Toronto, qui aide des réfugiées syriennes à préparer un repas chaque semaine. C’est aussi le cas de Manitoba Green Retrofit, une entreprise sociale qui embauche des gens confrontés à des obstacles sur le marché du travail pour effectuer des travaux de rénovation abordables et écoénergétiques. Ces deux projets visent l’inclusion sociale et l’accroissement de l’ampleur, d’abord en acceptant la différence et en créant un sentiment d’appartenance, ensuite en adaptant et en développant des innovations dans les villes du monde entier.

Villes d’avenir : Repenser notre façon de vivre ensemble

Villes d’avenir offrira un cadre d’innovation collaborative dans le but d’accélérer la création de villes inclusives, équitables et à faibles émissions de carbone grâce au développement de nos infrastructures collaboratives. L’objectif sera d’aider à créer le savoir, les politiques, les réseaux et les mesures qui modifieront notre manière d’investir, de gouverner et de nous impliquer dans l’avenir des villes. La conception de Villes d’avenir reflète les résultats de travaux entrepris pour formuler une stratégie nationale en matière de biens communs. Celle-ci explorait la possibilité de repenser les villes en mettant l’accent sur des actifs civiques stratégiques. Elle examinait aussi les façons d’accroître l’égalité grâce à des modèles de propriété et de gouvernance communs, et une redistribution de la richesse. Villes d’avenir s’inspire d’expériences de partout au pays, ainsi que de plateformes et de mouvements internationaux de « réseau de changement », notamment Living CitiesBloomberg Philanthropies (et What Works Cities), 100 Resilient CitiesURBACTParticipatory CityReimagining the Civic CommonsFab City et Right to the City. Ces projets interscalaires et intersectoriels obtiennent des résultats en combinant l’innovation urbaine au renforcement des capacités communautaires.

Plus particulièrement, Villes d’avenir est conçu pour profiter des nouvelles possibilités offertes par les programmes du Gouvernement du Canada, comme le Défi des villes intelligentes, la compétition des super grappes et le Réseau d’innovation de la FCM. Le Gouvernement du Canada s’engage également à concevoir une stratégie d’innovation sociale et de finance sociale(qui est en cours d’élaboration) avec des membres d’un groupe directeur pour mieux aider les organismes communautaires à aborder des enjeux sociaux. Villes d’avenir représente le prolongement naturel de l’initiative Des villes pour tous, mise sur pied par La fondation McConnell. Le projet permettra de construire une plateforme collaborative plus vaste avec une foule de partenaires, y compris EvergreenFondations communautaires du Canada et la Maison de l’innovation sociale. D’autres seront aussi invités à participer par l’entremise de divers projets, événements, activités, échanges de savoir et occasions de création. Villes d’avenir utilisera les concepts et les pratiques de « la ville, bien commun » (Gillis, 2017; Foster et Iaionesh, 2016; Foster, 2016), « les villes partagées » (McLaren et Agyeman, 2015), « les villes intelligentes » (La fondation McConnell, 2017) et la « révolution humaine » (Johar, 2017) pour créer les villes futures que nous voulons et qu’il nous faut. On entend par là des villes qui s’investissent dans des pratiques et des politiques d’inclusion, d’innovation, de réconciliation et de résilience.

Villes d’avenir réunit des partenaires du secteur privé, du milieu universitaire, du gouvernement et de la société civile dans le cadre de laboratoires (comme le laboratoire de gouvernance sur la résilience urbaine et échoFab Québec), de carrefours (comme Impact Hub Ottawa) et de réseaux d’apprentissage (comme Learning Network Ontario). Ces partenaires ont comme mission de se concentrer collectivement sur quatre piliers du domaine de l’innovation : le capital, les infrastructures, la gouvernance et la participation.

Les programmes et les priorités en sont actuellement à l’étape d’élaboration. Les genres d’activités qui suivent sont toutefois prévus durant les premières années de mise en œuvre :

Innovation en matière de capital : Il s’agit de créer des investissements d’impact qui attirent du capital vers des projets et des programmes favorisant l’équité, renforçant les biens communs et permettant aux stratégies de faibles émissions de carbone de progresser pour améliorer la résilience sociale, économique et climatique dans les années à venir. Les possibilités incluent une entreprise nationale de conception d’actifs civiques, un fonds de réaménagement à faibles émissions de carbone au sein de la Banque de l’infrastructure du Canada, de nouvelles politiques d’approvisionnement pour aider à créer des bassins commerciaux d’innovation canadiens grâce à Technologies du développement durable Canada, la Banque de développement du Canada, les Centres d’excellence de l’Ontario et Alberta Innovates, et des fonds collectifs d’immobilier à but social. Voici quelques exemples : les biens communs(comme Salon 1861Ateliers créatifs à Montréal et Artscape à Toronto), les programmes Green Bank aux États‑Unis (New YorkConnecticut) et au Royaume-Uni, et la University of Winnipeg’s Community Renewal Corporation. Cette dernière est un exemple remarquable d’un organisme sans but lucratif qui motive l’innovation environnementale, sociale, économique et culturelle grâce à un budget d’immobilisations et des ressources d’approvisionnement. Ses travaux sont aussi cruciaux à la création de partenariats multisectoriels pour appuyer la mise sur pied d’une communauté durable.

Innovation en matière d’infrastructures : Il s’agit d’améliorer la conception et la planification des infrastructures vertes et sociales. Cela peut se faire en utilisant des politiques de données ouvertes ainsi que de nouvelles technologies d’intelligence artificielle à but social et de réalité virtuelle. Les partenariats centrés sur la communauté pour transformer et programmer des actifs civiques et des immeubles à appartements sont un exemple (les modèles incluent Fab CityAmsterdam Smart City et Blox).

Innovation en matière de gouvernance : Il s’agit d’élaborer et de développer de nouveaux modèles de gouvernance pour les actifs civiques, les espaces publics et les projets de revitalisation de quartier. Ces modèles doivent permettre des partenariats public/privé/citoyens/organismes philanthropiques. Voici quelques exemples: le Projet Impact Collectif de Centraide, Winnipeg Promise et Envision Nova Scotia).

Innovation en matière de participation : Il s’agit de mettre à l’essai des modes originaux de participation civique qui incluent des voix marginales, en plus de transformer le contexte au sein duquel la prise de décisions, les investissements et les actions communautaires ont traditionnellement lieu. Voici quelques exemples : l’élaboration de budgets participative/citoyenne, les outils technologiques civiques, 100 in 1 day, le réseau 30 Network de Vancouver, We Are CitiesTransforme ta ville et l’interface d’écoute de Montréal.

Carrefours Villes d’avenir : axés sur les forces et liés entre eux pour l’apprentissage et la résilience

Un réseau de carrefours améliorera la capacité du Canada en matière d’innovation inclusive. Les carrefours urbains seront à la fois autonomes et interdépendants. Ils permettront d’approfondir l’expertise spécialisée ainsi que la collaboration sur le plan de la recherche, du mentorat et de la formation. Ils fourniront aussi des recommandations reposant sur des preuves aux décideurs, élus, universitaires, résidents et praticiens. Un des objectifs est d’étendre ces efforts en harmonie avec l’Initiative des supers grappes d’innovation (ISI) du ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique.

Le carrefour de Toronto, qui est le Future Cities Centre situé dans l’immeuble Evergreen Brick Works , est actuellement en construction. Il sera situé dans un ancien séchoir de 53 000 pieds carrés et le budget de construction est de 16,5 millions de dollars. Le projet du carrefour de Montréal sera dirigé par la Maison de l’innovation sociale, en partenariat avec Des villes pour tous, Entremise, la Ville de Montréal et d’autres partenaires à compter de l’hiver 2018. Une stratégie sera conçue avec d’autres villes dans le cadre de projets et de partenariats actuels.

Laboratoires Villes d’avenir : l’innovation pour une croissance inclusive

Les laboratoires Villes d’avenir mettront sur pied de nouvelles approches pour relever des défis urbains grâce à une collaboration multisectorielle. Les projets de laboratoire pourraient inclure la création d’une entreprise nationale de développement d’actifs civiques pour financer la réutilisation de tels actifs, par exemple des églises, des bureaux de poste ou des usines abandonnés. Ils mettraient également l’accent sur des enjeux sociaux, comme la réduction de la pauvreté grâce à l’approvisionnement social. Les organismes publics pourraient par exemple acheter des biens et des services auprès d’entreprises détenues par des minorités. Un autre exemple serait de réformer les procédures liées à la mise en liberté sous caution et à la détention provisoire pour éviter que les Autochtones demeurent prisonnier du système de justice. C’est ce que fait la Saskatchewan en convertissant des prisons en centres de formation pour les délinquants à faible risque (Huddart, 2017). À l’échelle locale, un laboratoire pourrait tester des prototypes de ville participative ou configurer des espaces de création de places à des fins d’expérimentation citoyenne et de formation. C’est ce qu’a fait La Pépinière à Montréal avec son prototype PEP Académie en 2017.

Villes d’avenir établira les liens nécessaires pour créer un portrait global

Une équipe centrale travaillera d’abord à l’élaboration d’une stratégie qui sera utile aux villes et appuyée par un modèle de fonctionnement durable. Voici ce qui se trouve actuellement sur la planche à dessin :

· Une fiche de rendement d’innovation urbaine inclusive détaillant le rendement et les tendances des villes.

· Des subventions d’innovation urbaine et un programme de récompenses pour réunir des groupes et les amener à concevoir des plans d’action relativement à des enjeux ou des problèmes urbains précis.

· Un réseau d’attachés de recherche formé de patriciens et d’universitaires capables de renforcer les capacités liées à Villes d’avenir et au Défi des villes intelligentes. Ce réseau de pairs favoriserait l’avancement des objectifs, notamment grâce à des webinaires, de la recherche et des articles dans des publications générales ou spécialisées.

· La Biennale Villes d’avenir, inspirée de la Biennale de Venise, dans le cadre de laquelle une exposition internationale serait organisée au Future Cities Centre dans le but de présenter des projets d’innovation urbaine inclusive.

Le Canada a besoin d’une nouvelle infrastructure collaborative et celle-ci doit être conçue du bas vers le haut, avec la participation de tous les secteurs pour être en mesure de bien utiliser l’innovation pour bâtir un avenir inclusif. Il doit créer des synergies autour des quatre piliers de l’innovation (la participation, la gouvernance, les infrastructures, le capital) et profiter de l’expérience et du savoir des réseaux actuellement en place, comme la Fédération canadienne des municipalités, mais aussi des universités, des entreprises, des communautés et des organismes de la société civile. Cela renvoie à ce que l’on appelle une « réflexion décloisonnée ». L’ADN institutionnel typique, qui repose sur les silos, ne suffit pas pour catalyser une culture collaborative novatrice capable de mener à un changement systémique.

Les bâtisseurs urbains doivent également reconnaître qu’ils changent le paradigme d’innovation actuel, c’est-à-dire que l’innovation renvoie principalement aux technologies et aux affaires. Grâce à la popularité croissante de l’innovation urbaine et de la création de places, les politiques, les dépenses et les activités d’innovation s’enlignent davantage sur un impact social (et écologique). Cette approche remet en question la supposition qu’un grand bien-être découle automatiquement de toutes les innovations. Un impact positif exige une stratégie d’innovation beaucoup plus intentionnelle. Les règles du jeu doivent aussi changer, de manière à obtenir une plus grande équité et des aménagements urbains régénérateurs.

Écrivez-nous pour nous faire part de vos idées.

Villes d’avenir sera mis en œuvre en 2018. Vous pouvez nous suivre @misquebec, @EvergreenCanada@cities4people ou avec le mots-clés #Villesdavenir , #desvillespourtous. Vous pouvez également communiquer avec Robert Plitt (rplitt@evergreen.ca, anglais) ou Patrick Dubé (patrick.dube@mis.quebec, français)

Ressources. Aller plus loin. Voici certaines ressources publiées récemment pour approfondir votre connaissance du sujet.

 Les villes comme systèmes, les infrastructures collaboratives, l’anthropocène et l’urbanocène :

Bai, X., Surveyer, A., Elmqvist, T., Gatzweiler, F.W., Güneralp, B., Parnell, S., Prieur-Richard, A.H., Shrivastava, P., Siri, J.G., Stafford-Smith, M., Toussaint, J.P. et Webb, R. (2016). « Defining and advancing a systems approach for sustainable cities », Current Opinion in Environmental Sustainability, 23. Disponible à :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1877343516300896[Consulté le 09/11/2017]

McPhearson, T., Parnell, S., Simon, D., Gaffney, O., Elmqvist, T., Bai, X., Roberts, D. et Revi, A. (2016). « Scientists must have a say in the future of cities », Nature Research. Disponible à :
http://www.nature.com/news/scientists-must-have-a-say-in-the-future-of-cities-1.20760 [Consulté le 09/11/2017]

Olsson, P., Moore, M., Westley, F. et McCarthy, D. (2017). « The concept of the Anthropocene as a game-changer: A new context for social innovation and transformations to sustainability », Ecology and Society, 22(2),31. Disponible à : https://doi.org/10.5751/ES-09310-220231 [Consulté le 09/11/2017]

Plastrik, P., Taylor, M. et Cleveland, J. (2014). Connecting to Change the World: Harnessing the Power of Networks for Social Impact. Island Press.

Strandberg, C. (2017). Maximiser la capacité des établissements d’éducation supérieure de bâtir des infrastructures sociales pour les communautés canadiennes, document de travail commandé par l’initiative RECODE de La fondation McConnell et l’Université Simon Fraser. Disponible à :
http://re-code.ca/wp-content/uploads/2018/01/SI-PAPER-FINAL-FR.pdf[Consulté le 09/11/2017]

West, G. B. (2017). Scale: the universal laws of growth, innovation, sustainability, and the pace of life in organisms, cities, economies, and companies. Penguin.

Réflexions sur les villes de l’avenir : les villes comme biens communs, partager les villes, les villes intelligentes, l’innovation urbaine inclusive 

 Besson, R. (2017). « How Madrid’s residents are using open-source urban planning to create shared spaces — and build democracy », The Conversation. Disponible à : https://theconversation.com/how-madrids-residents-are-using-open-source-urban-planning-to-create-shared-spaces-and-build-democracy-79717 [Consulté le 09/11/2017]

Devaney, C., Shafique, A. et Grinsted, S. (2017). Citizens and Inclusive Growth, The Royal Society for the encouragement of Arts. Disponible à : https://www.thersa.org/globalassets/pdfs/reports/rsa_citizens-and-inclusive-growth-report.pdf [Consulté le 09/11/2017]

Engle, J. (2016). Cities as Places of Transformation. Disponible à :
http://citiesforpeople.ca/wp-content/uploads/2016/12/Jayne-McGill-Presentation.pdf [Consulté le 09/11/2017]

Foster, S. (2016). « The Co-City: From the tragedy to the comedy of the urban commons ». Disponible à :
https://www.thenatureofcities.com/2016/11/02/the-co-city-from-the-tragedy-to-the-comedy-of-the-urban-commons/ [Consulté le 09/11/2017]

Foster, S. et Iaionesh, C. (2016). « The City as a Commons », Yale Law & Policy Review, 34 (2). Disponible à :
http://digitalcommons.law.yale.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1698&context=ylpr [Consulté le 09/11/2017]

Gillis, A. (2017). « Les villes, des biens communs : une vision, des ressources et un pouvoir partagés », La fondation McConnell. Disponible à :
https://mcconnellfoundation.ca/fr/les-villes-des-biens-communs-une-vision-des-ressources-et-un-pouvoir-partages/ [Consulté le 09/11/2017]

Huddart, S. (2017). « Seven Years On and Seven Years Out: Revisiting “Patterns, Principles and Practices in Social Innovation” », The Philanthropist. Disponible à : https://thephilanthropist.ca/2017/04/seven-years-on-and-seven-years-out-revisiting-patterns-principles-and-practices-in-social-innovation/[Consulté le 09/11/2017]

Johar, I. (2017). « The Human(e) Revolution », Dark Matter Laboratories. Disponible à : https://provocations.darkmatterlabs.org/the-human-e-revolution-267022d76c71 [Consulté le 09/11/2017]

Mazzucato, M. (2017). Mission-Oriented Innovation Policy: Challenges and Opportunities », publié par The RSA, en partenariat avec UCL Institute for Innovation with Public Purpose. The Royal Society for the encouragement of Arts. Disponible à :
https://www.thersa.org/action-and-research/rsa-projects/economy-enterprise-manufacturing-folder/mission-oriented-innovation-policy[Consulté le 09/11/2017]

La fondation McConnell (2017). Ressources liées au défi des villes intelligentes. Disponible à :
https://mcconnellfoundation.ca/fr/report/ressources-liees-au-defi-des-villes-intelligentes/ [Consulté le 09/11/2017]

McLaren, D. et Agyeman, J. (2016). Sharing Cities: A case for truly smart and sustainable cities. Cambridge: MIT Press.

Ratti, C. et Claudel, M. (2016). City of Tomorrow: Sensors, Networks, Hackers, and the Future of Urban Life. Yale University Press.

Scruggs, G. (2017). « Explainer: What is the Paris Agreement on climate change and what does it mean for cities? », Citiscope. Disponible à http://citiscope.org/story/2017/explainer-what-paris-agreement-climate-change-and-what-does-it-mean-cities [Consulté le 09/11/2017]

Un mot sur les auteurs :

Julian Agyeman est professeur à l’Université Tufts, professeur invité à l’école d’urbanisme de l’Université McGill et attaché de recherche pour l’initiative Des villes pour tous de La fondation McConnell.

Jayne Engle est directrice de Des villes pour tous à La fondation McConnell. Elle est également professeure auxiliaire à l’école d’urbanisme de l’Université McGill.

Tim Draimin est conseiller principal à La fondation McConnell. Il était auparavant directeur général de Génération de l’innovation sociale.

Nous tenons à remercier les personnes qui suivent pour leurs commentaires et contributions : Geoff Cape, Robert Plitt, Patrick Dubé, Mark Cabaj, Ray Tomalty, Stephen Huddart, Laurence Miall, Darcy Riddell, Jorge Garza.