La recherche démontre que dès l’âge de quatre ans, les enfants qui bénéficient d’un régime d’épargne études développent une identité propice aux études postsecondaires.

Les élèves qui bénéficient d’un régime d’épargne études ont de meilleurs résultats scolaires. Ils sont aussi plus enclins à s’inscrire à un programme postsecondaire et à le terminer. Cela représente, en l’espace d’une génération, un investissement dans l’avenir des jeunes à faible revenu et dans la création d’une société plus égalitaire. Un diplômé universitaire gagnera au cours de sa vie 800 000 $ de plus qu’un diplômé du secondaire.

Le gouvernement fédéral a créé en 2004 une innovation sociale et financière, le Bon d’études canadien (BEC), afin d’offrir aux familles à faible revenu une aide substantielle et de les inciter à épargner sur une base continue en vue des études postsecondaires de leurs enfants. Le BEC offre jusqu’à 2000 $ par enfant sur 15 ans. Les familles ou tuteurs admissibles n’ont qu’à ouvrir un compte de Régime enregistré d’épargne études (REÉÉ) dans une banque ou une coopérative de crédit, et à produire une déclaration de revenus.

Quatre ans après la création du BEC, seulement 16 % des familles admissibles s’étaient prévalues du programme, peu publicisé et mal connu de la plupart des bénéficiaires potentiels. Plutôt que de profiter en masse du soutien gratuit du gouvernement, plusieurs familles à faible revenu bien intentionnées ont opté pour l’industrie privée des fiducies de bourses d’études, dont les produits sont généralement coûteux et rigides. Le BEC n’exige aucun investissement financier des parents.

Omega s’est attaqué à ce déficit d’inscriptions : il a mis au défi l’industrie des fiducies de bourses d’études d’améliorer ses pratiques; incité les banques et les coopératives de crédit à mieux promouvoir le BEC et à former son personnel en conséquence; mobilisé des partenaires dans la collectivité; et mené du travail de plaidoyer et de recherche sur une base continue.

Aujourd’hui, le taux de participation national au BEC est de 36 %. C’est déjà mieux, mais on pourrait faire beaucoup plus. Dans la région couverte par le code postal R0B au Manitoba, une vaste zone de 750 km2 au nord de Winnipeg, où la population est surtout autochtone, le taux d’inscription n’est que de 1,5 %.

Même si certains plaident pour l’accès universel au programme, Omega et ses partenaires travaillent avec les gouvernements provinciaux à l’intégration du BEC à des cadres existants, notamment avec son programme en ligne d’inscription des nouveau-nés. L’Ontario a ajouté ce service en mars 2018 et d’autres provinces emboîteront bientôt le pas. La fondation continue de mobiliser le gouvernement, le secteur privé et des organismes de la société civile, et de favoriser la collaboration entre secteurs et au sein de la collectivité, en vertu du principe selon lequel tous sont responsables d’offrir aux jeunes des chances égales.

Le Catalyseur

Omega est une fondation caritative publique canadienne mise sur pied en 1992 pour aider les personnes à faible revenu à atteindre l’autosuffisance financière. Omega a créé SmartSAVER, un projet communautaire sans but lucratif, en vue de faire connaître le REÉÉ et le BEC, et d’en faciliter l’accès.

Depuis la création de SmartSAVER, plusieurs fondations et institutions financières se sont jointes au projet le projet pour en élargir la portée et l’accès. Le soutien philanthropique accru a permis à SmartSAVER d’accroître son travail avec les institutions financières afin d’améliorer le processus d’inscription et de faire connaître le BEC de manière plus efficace. Le réseau d’organismes de la collectivité qui promeut le BEC est passé de 19 entités en 2015 à plus de 65 en 2017. Le travail de sensibilisation de ces organismes a exercé un impact substantiel sur la connaissance du BEC et le niveau d’intérêt à son endroit. Les demandes d’information pour le BEC sur Google ont augmenté de 86 % entre 2010 et 2017. À ce jour, plus de 12 000 demandes ont été envoyées par l’entremise du formulaire en ligne de SmartSAVER.

En 2016, EDSC a fait paraître une étude sur le comportement des familles à faible revenu en matière d’épargne pour les études postsecondaires. L’étude a démontré que même si la famille n’est pas obligée de contribuer au programme, 97 % des familles inscrites au BEC y ajoutent des fonds, dans une moyenne de plus de 1000 $ par année. Cela permet de croire que les familles à faible revenu sont prêtes à faire des sacrifices importants si on leur donne l’occasion d’épargner en vue des études postsecondaires de leurs enfants.

Et maintenant?

Pour accélérer la reprise, les banques doivent consacrer plus de ressources à la promotion du Bon d’études canadien (BEC). Les banques canadiennes sont parmi les plus lucratives au monde et elles pourraient aider davantage les familles à compléter le processus d’inscription, ce qui aurait pour effet de réduire l’écart grandissant entre les riches et les pauvres.

Il faut aider les collectivités des Premières Nations, les collectivités métisses et les collectivités autochtones à faire connaître le BEC de manière adéquate sur le plan culturel. Nous devons saluer la décision du gouvernement fédéral d’avoir réinstauré le fonds de promotion du BEC. Mais avec plus d’un million et demi d’enfants admissibles qui ne reçoivent pas le BEC, une intervention plus dynamique est requise si nous voulons élever une génération de jeunes pour qui l’argent n’est plus un obstacle aux études postsecondaires.

Grâce à une collaboration plus étroite entre tous les secteurs, sur le BEC et des programmes complémentaires favorisant l’accès aux études postsecondaires, le Canada pourra offrir la chance d’étudier à la majorité, plutôt qu’à une poignée de privilégiés.

Découvrez comment une approche « écosystémique » peut faciliter la résolution de problèmes complexes.

Le Canada travaille sur un plan pour créer un écosystème de finance sociale et d’innovation sociale qui permettrait de mieux soutenir des projets comme celui-ci. Apprenez-en plus à l’adresse suivante : sisfs.ca/fr/

La fondation McConnell a octroyé une subvention de 500 000 $ à la fondation Omega par l’entremise du Fonds d’innovation sociale. Elle lui a aussi accordé une aide financière subséquente de 145 000 $ pour accroître l’ampleur de ses travaux sur le BEC.