Qu’entend-on par infrastructures sociales?

« Les infrastructures sociales » renvoient à l’ensemble des dispositions et investissements organisationnels qui touchent les relations, les structures et les systèmes sociaux qui nous permettent de créer un monde plus juste, résilient, équitable et durable. Cela inclut des actifs sociaux, économiques, environnementaux et culturels. Les établissements d’éducation peuvent se servir du concept d’infrastructures sociales pour organiser et communiquer les travaux effectués pour créer un changement social positif et une prospérité économique durable.

On trouve au sein des établissements postsecondaires une friction entre « l’ancien savoir » et « le nouveau savoir ». Celle-ci est palpable pour les étudiantes et les étudiants lorsque les approches adoptées par l’établissement pour décrire ou créer un changement social ne correspondent pas à leur compréhension et leur expérience pratique des questions sociales. Ils ressentent alors une pression de se conformer, de faire ce qui a été fait jusqu’à maintenant et d’obtenir des notes de manière conséquente. Cela peut contribuer à maintenir une mentalité du genre « je veux juste obtenir mon diplôme et m’en aller ». Cette pression touche l’ensemble du corps étudiant, mais elle a surtout des répercussions négatives sur ceux et celles qui souhaitent apporter un changement au sein de leur établissement ou de la communauté avoisinante.

La qualité des expériences vécues par les étudiantes et les étudiants durant leurs études influe considérablement sur les types de changement possibles.

Si on vient ajouter à ceci une insécurité financière, les étudiantes et les étudiants pourront avoir encore plus de difficulté à s’affirmer pour transformer « l’ancien savoir » ou apporter un changement social positif.

Lorsque la haute direction d’un établissement s’engage publiquement à améliorer les infrastructures sociales, cela peut indiquer qu’elle comprend et embrasse le rôle qu’elle peut jouer (et que ses étudiantes et ses étudiants peuvent jouer) dans la propulsion d’un changement social positif. Un tel engagement montre que l’école reconnaît qu’il existe une pression de se conformer et invite le corps étudiant à profiter des possibilités qui s’offrent à lui pour avoir un impact réel. Il signale que l’école pourra appuyer, et non s’opposer implicitement, aux projets de changement. Faire de la création d’infrastructures sociales une priorité donne lieu à un environnement où les étudiantes et les étudiants seront mieux placés pour voir comment leurs expériences pourraient améliorer les communautés canadiennes.

Ils éprouveront ainsi un niveau de satisfaction plus élevé face à leurs études et développeront de meilleurs liens sociaux ainsi qu’un plus grand sentiment de pouvoir.