Les Aînées et les Aînés jouent donc un rôle important au sein des établissements en faisant de l’apprentissage un processus très social qui nourrit les relations dans la communauté et s’assure de redonner à celle-ci.

Etuaptmumk veut dire « regard des deux yeux » en langue micmaque. Cette expression popularisée par un aîné micmac appelé Albert Marshall veut dire : « apprendre à voir avec un œil ce que le savoir autochtone a de mieux à offrir et avec l’autre œil ce que le savoir moderne a de mieux à offrir, et, plus important encore, apprendre à regarder avec les deux yeux en même temps, pour le bien‑être de tous. »  Un tel regard est indispensable pour permettre les travaux transdisciplinaires et collaboratifs que représente la création d’infrastructures sociales par des établissements postsecondaires canadiens.

Qu’entend-on par infrastructures sociales?

« Les infrastructures sociales » est un terme élaboré par les établissements colonisateurs qui renvoie à l’ensemble des dispositions et investissements organisationnels qui touchent les relations, les structures et les systèmes sociaux qui nous permettent de créer un monde plus juste, résilient, équitable et durable. Cela inclut des actifs sociaux, économiques, environnementaux et culturels.

Bien que le langage ne soit pas le même, l’idée de bâtir des infrastructures sociales dans un contexte postsecondaire s’harmonise avec les concepts et approches autochtones destinés à créer les conditions sociales, physiques, économiques, spirituelles et politiques qui influent sur le processus d’apprentissage et contribuent au bien‑être communautaire.

Les établissements d’éducation peuvent combiner la notion d’infrastructures sociales et les concepts autochtones axés sur l’amélioration du bien‑être communautaire pour organiser et communiquer les travaux ayant comme objectif un changement social positif et une prospérité économique durable.