L’évolution de la philanthropie

La fondation McConnell, ainsi qu’un nombre croissant de bailleurs de fonds au Canada et ailleurs, changent leur approche en matière de philanthropie. Le modèle caritatif traditionnel repose sur le concept de « noblesse oblige », c’est‑à‑dire la supposition que les gens fortunés doivent être généreux envers les moins fortunés. Cela prend souvent la forme de dons personnels faits dans le but d’appuyer de bonnes causes, par exemple des hôpitaux, des refuges pour sans-abri, etc.

Nous reconnaissons cette réaction humaine face aux besoins des autres comme pouvant être très bénéfique, mais nous sommes aussi conscients de nos jours qu’il est crucial d’aborder les causes profondes et la nature systémique des problèmes comme la pauvreté, la pollution et l’écart socioéconomique entre les peuples autochtones et non autochtones. À la base de ceci se trouve le principe qu’il ne faut pas travailler seul, mais bien en concertation avec d’autres.

La fondation McConnell, ainsi qu’un nombre croissant de bailleurs de fonds au Canada et ailleurs, changent leur approche en matière de philanthropie. Le modèle caritatif traditionnel repose sur le concept de « noblesse oblige », c’est‑à‑dire la supposition que les gens fortunés doivent être généreux envers les moins fortunés. Cela prend souvent la forme de dons personnels faits dans le but d’appuyer de bonnes causes, par exemple des hôpitaux, des refuges pour sans-abri, etc.

Nous reconnaissons cette réaction humaine face aux besoins des autres comme pouvant être très bénéfique, mais nous sommes aussi conscients de nos jours qu’il est crucial d’aborder les causes profondes et la nature systémique des problèmes comme la pauvreté, la pollution et l’écart socioéconomique entre les peuples autochtones et non autochtones. À la base de ceci se trouve le principe qu’il ne faut pas travailler seul, mais bien en concertation avec d’autres.

Égosystème versus écosystème

La pratique voulant que des fondations agissent seules pour aborder des enjeux complexes s’avère très restreinte, puisqu’elle perpétue les habitudes de privilèges et de dépendances qui maintiennent les problèmes en place. Accorder trop de pouvoir à un organisme vient diminuer le dynamisme naturel et la résilience obtenus lorsque plusieurs partenaires possédant des points de vue divers et des compétences complémentaires combinent leurs efforts. Vaut mieux s’en tenir au vieil adage qui dit que nous pouvons presque tout accomplir si nous n’attendons aucune reconnaissance. Ce faisant, nous passons d’une hiérarchie rigide à une collaboration en réseau, adaptant ainsi la philanthropie de manière à ce qu’elle reflète mieux l’état des enjeux complexes que nous tentons d’aborder.

Nous devons aller au-delà de la création de nouveaux programmes, politiques ou entreprises sociales pour concevoir et mettre en œuvre des approches novatrices qui permettront de résoudre des problèmes complexes. Nous devons, sur le plan fondamental, approfondir les relations avec les gouvernements, les bailleurs de fonds, les entreprises, les organismes de la société civile, les établissements d’enseignement supérieur, les médias et les citoyens. Nous pourrons ainsi tous nous voir comme faisant partie d’efforts locaux ou mondiaux ayant pour but l’amélioration de la condition humaine. Ceci s’exprime par exemple dans les Objectifs de développement durable des Nations Unies, le dernier objectif faisant référence à un « partenariat mondial ».

Nous avons des défis considérables à relever, et il semble même que notre avenir soit en jeu. Compte tenu des avancées technologiques remarquables des 25 dernières années et de la relation coévolutionnaire entre la technologue et l’être humain, nous jugeons que notre situation actuelle exige des gestes audacieux sur le plan humain.

La fondation McConnell, et ses partenaires du Canada et d’ailleurs, se sentent dynamisés et ont bon espoir que la concertation nous permettra de créer et d’intégrer une innovation sociale, économique, écologique et culturelle qui pourra soutenir une planète prospère de huit milliards d’habitants.

À La fondation McConnell, presque tout ce que nous faisons prend la forme d’un partenariat. Nous souhaitons passer d’un « égosystème » à un « écosystème ».

 

À quoi ressemble une approche écosystémique d’un point de vue pratique?

Voici un exemple.

Winnipeg Boldness est un labo social qui a été fondé en 2014 sous forme de partenariat entre le Gouvernement du Manitoba, Centraide Winnipeg et La fondation McConnell. Il a comme objectif d’améliorer la vie des enfants et des familles du quartier Point Douglas de Winnipeg, une communauté de 50 000 personnes, dont la moitié se déclare autochtone. Lorsqu’ils commencent l’école, 60 % des enfants de la communauté est considéré comme prêt à apprendre. Les autres sont aux prises avec des difficultés qui peuvent nuire à leur réussite à long terme. L’organisme s’attaque donc aux obstacles qui se trouvent sur le chemin de ce 40 % d’enfants.

Winnipeg Boldness est dirigé par un groupe composé en grande partie de femmes autochtones qui entretiennent des liens forts avec le quartier. L’organisme est par conséquent bien intégré à la communauté qu’il dessert. Il se penche sur les conditions qui créent des obstacles pour les familles et entraînent de mauvais résultats pour les enfants, concevant par la suite des solutions vérifiables appelées « Proofs of Possibility » (preuves de possibilité).

Voici quelques-uns des résultats obtenus par Winnipeg Boldness à ce jour :

  • Des consultations avec les membres de la communauté pour créer le modèle centré sur l’enfant qui oriente la prise de décisions.
  • L’obtention de soutien pour la création d’un nouveau programme de doulas autochtones qui pourra aider les nouvelles mamans à assumer leur rôle de parent avec confiance.
  • Aider des familles à surmonter les obstacles les empêchant d’accéder au Bon d’études canadien, un programme fédéral qui aide à couvrir le coût d’une éducation postsecondaire.

L’organisme illustre bien l’approche écosystémique, car il reconnaît et utilise les forces de tous les acteurs communautaires. Il fait ceci à l’aide d’un modèle de gouvernance polycentrique qui comprend plusieurs « groupes guides » : un pour les parents, un pour les dirigeants d’agences sociales, un pour les chercheurs et un pour les aînés, en plus d’une table de partenaires et d’une table de bailleurs de fonds.

L’organisme s’efforce aussi de créer des collaborations à différentes échelles. Il siège par exemple sur le comité de Winnipeg Promise, dont la présidence est assumée par le maire de la ville et dont le mandat est de réunir tous les secteurs pour améliorer l’adhésion au Bon d’études canadien. Il cultive également des relations continues avec des fonctionnaires provinciaux.

Depuis la création de Winnipeg Boldness, de nombreux bailleurs de fonds supplémentaires ont appuyé le projet. 

Au cours des prochains mois, nous prévoyons ajouter sur le site web de La fondation McConnell d’autres ressources qui illustreront l’approche écosystémique.