Nous jouons vraiment tous pour le Canada

JC-author-circleFRComme le dit la pub de Canadian Tire : il n’y a pas de but sans aide.

Nos athlètes olympiques et professionnels bénéficient non seulement du financement ciblé d’À nous le podium et d’organismes sportifs nationaux, mais aussi de décennies de soutien de la part du pivot du système sportif canadien — papas hockey et mamans soccer, entreprises commanditaires et collecteurs de fonds locaux, entraîneurs et officiels bénévoles au dévouement sans relâche.

Source: Sport Pur

Source: Sport Pur


Avec plus de 34 000 organismes d’un bout à l’autre du pays, presque tous dirigés par des bénévoles, les sports et loisirs forment une part importante du secteur communautaire au Canada. Mais on méconnaît l’importance des bons programmes communautaires de sport, fondés sur les valeurs auxquelles nous croyons, pour favoriser la santé de nos enfants et développer des compétences utiles pour la vie, bien après qu’ils auront accroché leurs patins.

La classe politique devrait visiter plus souvent les vestiaires ou les terrains de sport. Dans l’équipe de soccer d’un de mes fils, les gars alternaient aisément de l’anglais au français et se fichaient bien que leur copain sikh porte un turban pourvu qu’il ait l’esprit d’équipe. Arrivés en voisins, les joueurs et leurs familles sont repartis en amis.
Ne soyons pas naïfs; on voit aussi beaucoup d’exemples de mauvais esprit sportif. Nos jeunes sont exposés à l’intimidation, à la tricherie et à l’exploitation, en partie à cause de quelques pommes pourries, mais également à cause d’une culture de la victoire à tout prix, surtout dans le sport professionnel grassement payé. De fait, trois thèmes qui ont fait la une dans le monde des sports dans les dernières années sont le dopage de Lance Armstrong et ses manigances pour le cacher; la prise de conscience des effets à long terme des commotions cérébrales dans les sports de contact; et la récurrence de la violence familiale de la part d’athlètes professionnels. Les jeunes athlètes des É.-U. rapportent des millions à leurs collèges en contrats de télé, mais bien peu obtiennent leur diplôme ou font les ligues professionnelles.
Pour réduire le mauvais esprit sportif, il faut plus délibérément promouvoir et pratiquer le bon sport. Les bons entraîneurs savent qu’ils sont des modèles importants, pas juste sur le terrain de sport, mais aussi dans leurs rapports avec les parents, les officiels et la collectivité. Pour 3 points, un programme de formation novateur à l’intention des entraîneurs, met l’accent sur le rôle citoyen de l’entraîneur – mentorer les jeunes et bâtir des collectivités plus solides.
Vu les nombreux avantages du bon sport, il est triste que tant de programmes sportifs ne soient pas abordables pour les familles à faible revenu et les collectivités éloignées. Le coût de l’équipement et des déplacements, les frais d’inscription et les exigences de l’action bénévole sont un obstacle pour bien des familles. Des organismes tels que SportJeunesse et Bon départ ont mis l’accent sur la commandite des coûts directs des programmes, mais les divers paliers de gouvernement doivent aussi jouer leur rôle dans la création et le maintien d’infrastructures sportives. Dans certaines collectivités, il faut développer la culture de l’action bénévole et les réseaux de bénévoles.
La dernière version de la Politique canadienne du sport reconnaît que l’un des grands avantages du sport est sa capacité de bâtir la collectivité. Appelée partout dans le monde le sport pour le développement, cette approche utilise sciemment les sports et loisirs pour atteindre un ensemble d’objectifs sociaux. Ainsi, Right to Play et Motivate Canada utilisent le sport pour rallier les jeunes autour de l’éducation au VIH/sida, jeter des ponts pour favoriser le respect au-delà des clivages culturels et inciter les jeunes à poursuivre leurs études et participer à la vie de leur collectivité.
Dans la publication de la Fondation Franc-jeu : Histoires sur le sport au service du développement à travers le Canada, les chroniques de l’auteur primé Silver Donald Cameron offrent des récits inspirants sur la capacité du sport de former à la fois le caractère des personnes et celui des collectivités au Canada. On y voit plusieurs formes de sport pour le développement : mères célibataires du Downtown Eastside qui ont créé un programme novateur de leadership sportif pour les jeunes désœuvrés; équipe de basket-ball amateur financée par l’entremise d’un programme de libération conditionnelle; et messagers GEN7 qui inspirent une génération de jeunes athlètes autochtones.
Au moment de s’installer devant la télé pour écouter le Superbowl ou les éliminatoires de la coupe Stanley, il est bon de célébrer l’excellence sportive. Mais n’oublions pas de reconnaître et d’appuyer aussi les bons programmes communautaires de sport : ils contribuent au développement des personnes et à la vitalité des collectivités.