Nos stratégies de référence sont-elles dépassées?

Par Vinod Rajasekaran
shooting-star

Selon les données de l’OCDE, le Canada consacre chaque année plus de 300 milliards $ aux résultats sociaux. Les enjeux sociétaux auxquels nous sommes confrontés – santé mentale, accès à une éducation de qualité pour les collectivités autochtones, pénurie de logements abordables – évoluent rapidement. Il faut donc y réagir avec souplesse et rapidité par la recherche, l’apprentissage, les approches expérimentales et reproductibles afin d’offrir aux gens la meilleure qualité possible de services, de soutien et de solutions, où qu’ils vivent au Canada.

 

C’est ici que la recherche-développement entre en jeu.

 
Les organismes canadiens sans but lucratif, caritatifs et d’entreprise sociale ont acquis de solides capacités, notamment en gestion des bénévoles et des donateurs, et en prestation de programmes. Si on reconnaît et on célèbre ces compétences, on s’entend de plus en plus pour dire que le changement social au XXIe siècle exige des capacités et des compétences solides dans un autre domaine : la recherche-développement, ou RD.
La RD permet d’offrir des produits et services nouveaux et améliorés dans le monde des affaires. De même, elle peut aider les organismes à vocation sociale à faire des avancées importantes et rapides dans les services et les solutions qui changent la vie des gens. En ce moment, il y a pourtant très peu d’organismes à vocation sociale qui intègrent de façon répétée un vaste éventail de nouvelles connaissances (sur le fonctionnement du cerveau et la façon de stimuler des comportements positifs, par exemple); de nouvelles technologies (comme l’apprentissage-machine); ou de nouveaux processus (comme la conception axée sur la personne).

La RD n’est pas encore bien comprise, bien financée, ni largement pratiquée dans le secteur social et elle ne fait donc pas partie des pratiques courantes des organismes. C’est un nouveau champ pour lequel il n’y a encore qu’une somme limitée de connaissances et de pratiques codifiées.
L’exploration de la RD sociale vise à catalyser un changement. L’exploration est incubée par SiG, à l’instigation de La fondation de la famille J.W. McConnell, et appuyée par un mouvement grandissant d’organismes, dont NordOuvert, les Fondations communautaires du Canada, MaRS, Ingénieurs sans frontières Canada et bien d’autres.
moonshot-imageLe nouveau rapport Getting to Moonshot: Inspiring R&D practices in Canada’s social impact sector du boursier de recherche de SiG, Vinod Rajasekaran, présente 50 pratiques incontournables de RD de 14 organismes d’un bout à l’autre du Canada, notamment : les visites sur le terrain du personnel de première ligne de Saint Elizabeth, les simulations numériques de GrantBook, le prototypage de quartier de Skills Society et les 15 % de temps d’expérimentation du personnel du Fonds MATCH International pour les femmes. Le rapport démontre comment la RD aide les organismes à réduire les coûts de croissance des programmes, faire le suivi des améliorations et optimiser l’efficacité des apprentissages, ce qui se traduit par de meilleurs résultats pour – et avec – les personnes qu’ils desservent. L’intention est d’aller plus loin que le rapport et d’héberger en ligne un ensemble de pratiques auquel tous auraient accès.
Il existe de remarquables éléments de RD dans le secteur social au Canada et ce rapport tente d’en faire connaître quelques-uns afin de démontrer que l’investissement en RD est un facteur de succès crucial pour constater des gains mesurables dans le bien-être de la société. Dans un contexte où les difficultés sont de plus en plus complexes sur le plan écologique, économique et social, nous pouvons transformer ensemble la façon dont les organismes à vocation sociale améliorent des vies pour le XXIe siècle.
SiG invite les organismes subventionnaires, les philanthropes, les gouvernements et les praticiens à joindre le mouvement en vue de stimuler les capacités, les compétences, l’infrastructure et le capital en RD dans les collectivités de tout le Canada.