Lettre en réponse à Faire du Canada un chef de file : un programme inclusif d’innovation

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En collaboration avec des établissements postsecondaires, des leaders éclairés et des partenaires, nous avons envoyé cette lettre au début octobre à l’honorable Navdeep Singh Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique; à l’honorable Bardish Chagger, ministre de la Petite entreprise et du Tourisme; et à l’honorable Kirsty Duncan, ministre des Sciences. Nous vous invitons à la lire et à vous joindre à la conversation.


Messieurs les Ministres,
Madame la Ministre,
Nous voulons répondre à votre appel à l’action pour Faire du Canada un chef de file : un programme inclusif d’innovation, notamment à la question « Comment pourrions-nous mieux aider nos jeunes à acquérir les compétences qui seront requises au sein de l’économie de demain? »
La fondation de la famille J.W. McConnell est une fondation privée qui aborde des enjeux systémiques sur le plan social, culturel, économique et environnemental au Canada. Par l’octroi de subventions et l’investissement, l’union et la création conjointe avec nos titulaires de subventions, le public et nos partenaires – dont le MaRS Centre for Impact Investing ainsi que des collèges, universités, organismes caritatifs nationaux et la Banque Royale du Canada, cosignataires de cette lettre –, nous appuyons des projets d’innovation sociale et de finance sociale alignés sur notre mission.
Les futurs diplômés de nos établissements postsecondaires hériteront des difficultés les plus complexes jamais vécues par notre société. Ils ont besoin de compétences théoriques et pratiques, du sens de la collaboration, d’esprit critique, d’un point de vue mondial et de la motivation à servir le bien commun.
Nous appuyons sans réserve l’idée que « L’objectif de l’éducation devrait être de faire en sorte que chaque Canadien soit prêt pour l’innovation – soit prêt à saisir les occasions, à imaginer les possibilités, à découvrir de nouvelles idées, à apprendre et à se perfectionner ». De plus, nous l’avons constaté comme vous, « Un appui doit aussi être fourni aux entrepreneurs et aux membres des réseaux sociaux prometteurs qui aspirent à mettre en œuvre leurs idées pour améliorer la vie des gens ».
L’innovation est essentielle au développement humain. Il est impératif d’aller au-delà de l’innovation pour l’innovation et d’embrasser l’innovation réfléchie qui apporte une contribution économique et sociale, tout en créant des impacts positifs – ou en réduisant les impacts négatifs – sur nos ressources naturelles. La croissance inclusive implique une possibilité importante et trop souvent ignorée au plan économique.
L’expérience démontre que bon nombre d’atouts clés sont en train d’émerger sur plusieurs campus canadiens qui appuient l’entrepreneuriat social et les innovateurs sociaux :

  • la multiplication des programmes en entrepreneuriat, en entrepreneuriat social et en innovation sociale, et l’accès accru à ces programmes
  • la création de clubs étudiants, d’activités, de collaborations avec la collectivité et de réseaux susceptibles d’accroître la capacité d’innovation
  • le nombre croissant de partenariats transdisciplinaires et intersectoriels pour une éducation axée sur l’impact social grâce à l’apprentissage expérientiel, l’enseignement coopératif, la mobilisation du savoir et d’autres activités intégrées à la collectivité ou au monde du travail
  • la montée d’une nouvelle culture du partage des meilleures pratiques grâce à la participation à des programmes provinciaux d’incubation et d’accélération (entrepreneuriat), au réseau national Re-Code (innovation sociale), au réseau national ResearchImpact et au réseau international d’Ashoka (entrepreneuriat social)
  • des partenariats ancrés dans le milieu dans le but d’aligner les ressources des collèges et universités sur la capacité de la collectivité d’aborder des problèmes sociaux du quartier ou du milieu : pauvreté, itinérance, accueil de réfugiés, etc.
  • un désir croissant à tous les paliers – financement de la recherche, administrateurs, chercheurs, étudiants et partenaires à l’extérieur du milieu universitaire – de produire des résultats de recherche innovants de calibre mondial, mais aussi de traduire ces résultats en avantages économiques, sociaux et environnementaux pour la population canadienne par divers mécanismes : l’innovation sociale, l’entreprise sociale et la mobilisation/traduction du savoir

Nous croyons que le gouvernement canadien peut intervenir de manière utile dans plusieurs secteurs afin d’accroître les activités d’innovation et d’impact social liées aux enjeux complexes qui se posent à nous, et permettre au secteur postsecondaire de devenir « un chef de file de la promotion de l’entreprise sociale et de l’innovation sociale ».

Miser sur des politiques

  • intégrer l’entrepreneuriat social et l’innovation sociale parmi les pivots de notre politique d’innovation, en appuyant un dialogue sur les politiques ou en créant un comité national pour l’innovation sociale réunissant le gouvernement et des experts sectoriels afin de partager les succès et les échecs des pratiques innovantes, et d’élaborer des recommandations pour l’intégration continue et le soutien de l’entreprise sociale et de l’innovation sociale dans le milieu des affaires et des organismes sans but lucratif au Canada
  • soutenir l’exploration intégrée et l’application de l’innovation technologique, sociale, environnementale et commerciale pour trouver des solutions à des enjeux complexes en offrant des sources de financement nationales aux universitaires qui mènent des recherches transdisciplinaires liées aux technologies, aux affaires et à l’entreprise sociale
  • offrir des incitatifs à la collaboration intersectorielle en matière de recherche et d’enseignement
  • collaborer avec les provinces afin d’offrir et de compiler les sources de financement pour le démarrage d’organismes sans but lucratif et d’organismes privés démontrant un intérêt
  • élargir les plateformes de collaboration transdisciplinaire et intersectorielle axées sur les solutions en tant qu’éléments majeurs de l’écosystème d’innovation; comme l’a dit la Fédération des sciences humaines, il faut réunir « des chercheurs provenant de disciplines variées et des dirigeants à tous les paliers de gouvernement et appartenant au secteur privé et à la société civile ».* Il y a un éventail croissant et de plus en plus varié de plateformes de collaboration, notamment les labs de changement social et d’innovation sociale.

Miser sur des programmes

  • envoyer aux établissements postsecondaires des signaux positifs que l’entrepreneuriat social et l’entreprise à vocation sociale sont des champs appuyés par le fédéral
  • aligner de façon plus explicite les dépenses du système d’innovation sur les activités qui s’attaquent à des problèmes sociaux et environnementaux
  • inclure les pôles d’innovation sociale comme partie intégrante de la stratégie des grappes et du système de filières d’innovation, présentée dans la stratégie d’innovation du Canada
  • offrir des incitatifs aux plateformes/réseaux régionaux et nationaux pour la création de collaborations entre campus et collectivité, avec des résultats à court terme (3 ans) en vue d’impacts à long terme (5-10 ans) sur le plan économique, social et environnemental

Miser sur le talent

  • faciliter l’accès des groupes moins souvent représentés aux programmes d’entrepreneuriat – femmes, membres de groupes minoritaires, réfugiés, Autochtones et jeunes qui ne s’identifient pas comme entrepreneurs potentiels ou suivent un programme à l’extérieur d’écoles commerciales
  • aider les jeunes à mieux se connaître et à développer l’aptitude à la collaboration, l’esprit d’innovation et d’autres compétences de base dont ils auront besoin pour réussir dans un marché du travail en évolution rapide
  • aider les jeunes à mieux saisir les enjeux sociaux et environnementaux contemporains, et les inciter à travailler avec d’autres pour produire des idées que l’on peut prototyper et élargir
  • soutenir les programmes d’apprentissage coopératif et de travail-études dans toutes les facultés universitaires (pas seulement en commerce) afin d’aider les étudiants à acquérir les compétences et l’expérience requises pour intégrer le marché du travail. Inclure dans ces programmes tous les types d’entreprises – PME, sans but lucratif, multinationales, etc.

Nous nous réjouissons de la tendance croissante vers l’éducation à impact social dans les établissements postsecondaires, les programmes communautaires et les projets gouvernementaux partout au Canada. Voir l’annexe ci-jointe pour plus de détails.
Nous sommes impatients de travailler avec vous afin d’éclairer et de soutenir ce travail, dans le cadre de projets de collaboration, de renforcement des compétences et d’apprentissage expérientiel liés à l’innovation sociale et à l’entrepreneuriat social. Nous ferons bientôt le suivi de ce dossier auprès de vos bureaux respectifs.
Stephen Huddart, président-directeur général – La fondation de la famille J.W. McConnell
Barbara Steele, directrice générale – Ashoka Canada
Boris Martin, PDG – Ingénieurs sans frontières Canada
Johanne Turbide, professeure et directrice, développement durable – HEC Montréal
Anita Abraham, directrice générale – Meal Exchange
Michael Quinn, vice-président adjoint, recherche, bourses et engagement communautaire – Université Mount-Royal
Sara Diamond, présidente et vice-rectrice – Université de l’École d’art et de design de l’Ontario
David Phipps, Directeur de réseau – ResearchImpact-RéseauImpactRecherche
Valerie Chort, vice-présidente, présence sociale, et directrice générale, Fondation RBC – Banque Royale du Canada
Steve Grundy, vice-président et vice-recteur à l’enseignement et à la recherche – Université Royal Roads
Usha George, vice-président intérimaire, recherche et innovation – Université Ryerson
Vanessa Williamson, doyenne, recherche appliquée et innovation – Collège Seneca
Andrew Petter, président et vice-recteur – Université Simon Fraser
Franco J. Vaccarino, président et vice-recteur – Université de Guelph
H.E.A. (Eddy) Campbell, président et vice-recteur – Université du Nouveau-Brunswick
Norah McRae, directrice, bureau de l’engagement entre collectivité et université, et directrice générale, services d’enseignement coopératif et d’orientation professionnelle – Université de Victoria
Joanne Benham Rennick, directrice générale, Centre Schlegel pour l’entrepreneuriat et l’innovation sociale – Université Wilfrid Laurier
Mamdouh Shoukri, C.M., O.Ont., Ph. D., P.Eng, président et vice-recteur – Université York