À titre de moteurs de la mobilité économique et sociale au Canada, les universités et les collèges jouent un rôle privilégié dans les efforts de réconciliation. C’est pourquoi le mois dernier, en partenariat avec le Collège du Yukon, l’équipe Re-Code a tenu le premier rassemblement en son genre pour discuter des perspectives sur la réconciliation.

Pendant une semaine, des représentants de 31 établissements postsecondaires canadiens se sont réunis afin d’échanger sur leur rôle dans la réconciliation avec les peuples autochtones et sur ce qu’ils peuvent faire de plus à ce chapitre.

L’idée de créer un tel atelier est née de la question suivante :
Comment le travail aussi important qu’inspirant qu’accomplissent nos collègues dans les universités et les collèges du pays peut‑il servir de catalyseur de réconciliation sur nos campus?

Avec l’aide de membres des Premières Nations à l’animation, soit de la Première Nation Tr’ondëk Hwëch’in, du conseil de Ta’an Kwäch’än, de la Première Nation de Kwanlin Dün et de la Première Nation de Carcross/Tagish, les recteurs, les hauts dirigeants et les responsables de la réconciliation ont voulu en apprendre davantage sur les pratiques exemplaires en plus d’entamer un dialogue franc et de poser les bases en vue d’accélérer et d’approfondir le travail de réconciliation au sein de leurs propres établissements, mais aussi à l’échelle du secteur postsecondaire.

Tous les participants se sont entendus pour dire que les relations sont au cœur de leur travail, mais qu’est‑ce que cela signifie concrètement? Dans certains établissements, il s’agit de veiller à ce que le responsable de la réconciliation fasse partie de la haute direction et qu’il soit directement en relation avec le recteur. Dans d’autres, il peut s’agir de faire en sorte que tous les cadres supérieurs prennent en compte la réconciliation dans leur évaluation du rendement, ou encore d’intégrer les savoirs autochtones aux pratiques de recherche et les mœurs autochtones aux espaces physiques des campus. Enfin, dans d’autres établissements, il peut s’agir de tout ce qui précède ou de quelque chose de complètement différent. Le contexte est important, et les résultats d’une réconciliation varieront selon l’établissement et la communauté.

Le travail de réconciliation repose sur la participation active des communautés autochtones et sur les partenariats et les relations mutuellement bénéfiques qui en résultent. Le Collège du Yukon l’a bien démontré en établissant un partenariat avec les Premières Nations du Yukon qui lui a permis de mettre sur pied un cours d’introduction aux Premières Nations du territoire et de le donner au personnel, aux étudiants et aux membres du corps professoral du Collège ainsi qu’à des organismes externes. Ce récent article de la CBC sur l’atelier (en anglais seulement) décrit les leçons apprises et les pratiques exemplaires que d’autres dirigeants d’établissements postsecondaires songent à mettre en œuvre. Citons notamment la modification de leur énoncé de mission afin d’y inclure la réconciliation et le réexamen des politiques qui créent des obstacles pour les étudiants autochtones.

Comme l’une des personnes présentes l’a si bien dit : « Il faut bien commencer quelque part. Jetez‑vous à l’eau. Ce ne sera pas parfait. On apprend une foule de choses quand tout ne fonctionne pas parfaitement. En réalité, je pense qu’on apprend davantage en faisant des erreurs que lorsque tout se déroule à merveille, alors lancez-vous. »

Nous publierons notre rapport au cours des prochains mois. Si vous souhaitez en savoir plus d’ici là, n’hésitez pas à communiquer avec Chad ou Kelly de l’équipe Re-Code.