Virage COVID-19 : Comment l’INCA s’est adapté pour servir ses membres

Virage COVID-19  

Le fonds d’intervention d’urgence COVID-19 de McConnell a été créé pour fournir un soutien à court terme aux organismes communautaires confrontés à des demandes accrues, et pour les aider à répondre à des opportunités nouvelles pendant les premiers mois de la pandémie. Le fonds a été conçu pour répondre au besoin immédiat et sans précédent pour soutenir les organisations communautaires alors qu’elles faisaient face à de nouveaux défis urgents et à court terme et qui pourraient améliorer la capacité de l’organisation à répondre aux besoins de la communauté.
Ce programme de financement à court terme a pris fin en juin 2020. Tout au long de l’année 2021, des témoignages ont émergé dans le cadre de ce programme alors que plusieurs organisations ont dû s’adapter face à la crise.
L’Institut national canadien pour les aveugles (INCA) a reçu des contributions d’urgence dans le cadre du programme COVID-19 afin de soutenir la transition numérique de ses programmes communautaires en personne et de les transformer en activités virtuelles, ainsi que d’en évaluer l’impact social. 
Alors que l’année 2021 se termine, Angela Bonfanti, première vice-présidente de l’INCA, nous offre un aperçu d’un virage numérique obligé pour mieux répondre aux besoins essentiels de ses membres en temps de crise.   

Laissons la communauté nous guider : elle est notre raison d’être.Angela Bonfanti, première vice-présidente à l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA)

La croissance grâce à un virage technologique

L’INCA a 103 ans cette année, et n’a jamais été aussi pertinent.

Avant la pandémie, l’organisme était plutôt un carrefour pour les personnes âgées en perte de vision. Les membres étaient principalement âgés de 65 ans et plus et participaient aux programmes pendant les heures de travail et en personne.

Contrairement à de nombreuses organisations, l’INCA a connu une croissance considérable pendant la pandémie.

« C’est toute une expérience, et on continue d’évoluer », déclare Angela Bonfanti. « Avant la pandémie, nous fonctionnions en silos géographiques. Nos services se faisaient principalement en personne, à l’exception de notre programmation française à l’échelle du pays, où nous avions des conférences téléphoniques. »

Au cours de la pandémie, INCA a découvert qu’un virage technologique était nécessaire pour permettre de répondre aux besoins de ses membres plus jeunes.

Avant la pandémie, les personnes vivant avec une perte de vision étaient déjà exposées à des niveaux d’isolement parmi les plus élevés. Imaginez ce qui s’est passé lorsque l’isolement a été imposé ?

« De nombreuses personnes non voyantes étaient particulièrement vulnérables parce qu’elles comptaient sur des guides voyants – des personnes qui offrent leurs coudes pour aider quelqu’un à s’orienter dans un espace inconnu – dans un monde où les contacts personnels sont découragés. Lorsque le confinement est imposé, comment réagir alors que notre mandat même consiste à briser l’isolement? » demande Mme Bonfanti.

L’accès à la technologie  

L’un des programmes d’INCA consiste à envoyer des iPhones reconditionnés aux membres de leur communauté, et ce programme aide les enfants ainsi que les personnes âgées à sortir de l’isolement.

« La pandémie nous a forcés à être connectés », explique Mme Bonfanti. « Avoir accès à la technologie et à la connectivité est une question de droits de la personne. »

Avoir un téléphone et un accès à Internet pendant la pandémie signifie avoir accès à de la nourriture, des médicaments et des livraisons. Une chose que la majorité tient pour acquise, mais le coût d’un téléphone, ainsi que les barrières d’accessibilité et d’âge pour l’utiliser, peuvent générer de l’exclusion.  

INCA a mis au premier plan des projets numériques qui avaient été mis en veilleuse. Comme jamais auparavant, l’institut s’est engagé auprès de sa communauté. Bonfanti explique que cela a propulsé des dialogues quotidiens : « Laissons la communauté nous guider : elle est notre raison d’être ».

EDIA et Intersectionalité 

INCA établit des liens avec d’autres organismes afin de créer des partenariats et des avenues favorisant l’intersectionnalité.

« La pertinence de l’intersectionnalité pour les personnes ayant une perte de vision est devenue plus évidente pour INCA lorsque le mouvement Black Lives Matter a vu le jour », explique Mme Bonfanti.

L’organisation s’est engagée dans un parcours d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (EDIA).

En 2016, de nombreux établissements communautaires d’INCA ont commencé à afficher des drapeaux de la fierté en juin.

 « Cela a eu un impact profond », remarque Bonfanti. « Il nous faut être un phare de l’EDIA et briser les préjugés. Les drapeaux de fierté ont fait passer le message qu’une personne peut être à la fois homosexuelle et aveugle. La question de l’identité ne peut être réduite à une seule facette de la vie d’une personne. » 

Au cours de l’année écoulée, INCA a élaboré une formation sur l’antiracisme et les préjugés à tous les niveaux de l’organisation et pour les membres de son conseil d’administration. 

« Nous nous devions de prendre part à la discussion et de ne pas nous en écarter, car nous sommes ici uniquement pour soutenir des personnes confrontées à des réalités liées à la perte de vision. La perte de vision est la condition la plus non discriminatoire que l’on puisse imaginer. Peu importe d’où vous venez, votre âge, la couleur de votre peau ou votre histoire : la perte de vision ne fait pas de discrimination », affirme Mme Bonfanti.

La stratégie d’INCA consiste à planifier des rencontres d’étapes tout au long de l’année afin de permettre une conversation continue. « Il ne s’agit pas d’une opération unique et définitive. Nous sommes sur la voie de l’antiracisme et de la lutte contre les préjugés. Nous n’avons pas tout compris, ni personne d’autre d’ailleurs ».

Le message de Mme Bonfanti peut être transposé aux organisations qui aspirent à intégrer l’EDIA dans leur approche. 

« En tant qu’organisation soucieuse d’équité, il n’y a pas d’autre voie. Nous avons une responsabilité dans ce domaine, et ce n’est que le début. »Le Fonds d’urgence COVID-19 est maintenant fermé. La Fondation McConnell applique ses contributions selon trois sphères d’intérêts : Communautés, Réconciliation et Climat.