Article d’invité par Matt Horne, directeur associé régional, Colombie-Britannique, Pembina Institute

Avertissement: les opinions exprimées dans le blog ci-dessous sont celles de l’auteur et pas nécessairement celles de la Fondation

Augmentez la taxe sur le carbone en C.-B.

Si j’avais juste une phrase à dire sur l’imminent plan de leadership climatique en C.-B., ce serait celle-là. On m’offre quelques centaines de mots et je vais donc préciser un peu plus ma pensée.

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Adoptée en 2008, la taxe sur le carbone en C.-B. a été un succès – économique, environnemental et politique. L’économie de la C.-B. a surpassé celle du reste du Canada, la consommation de combustibles fossiles par habitant a chuté et tous les partis ayant des députés élus appuient la politique.

Malgré ces bonnes nouvelles, la taxe sur le carbone a été gelée en 2013 – et le restera jusqu’au début 2018. Cela signifie que la politique perd chaque année de son efficacité au fur et à mesure qu’augmente l’inflation. C’est l’une des raisons pour lesquelles on prévoit que la pollution par le carbone augmentera en C.-B. dans les cinq prochaines années. L’un des éléments clés du plan de leadership climatique est la décision relative au gel/dégel de la taxe sur le carbone par la province. Pour bien des gens (dont moi-même), le plan de leadership climatique sera un succès seulement s’il prévoit une hausse de la taxe sur le carbone. Si vous êtes de ce camp, faites-le savoir au gouvernement par l’entremise de son sondage ou envoyez-lui directement un courriel d’ici le 17 août.

Je crois que la province doit recommencer à augmenter la taxe sur le carbone, mais je réalise que cela comporte des difficultés. Voici celles que l’on cite le plus souvent et les raisons pour lesquelles j’estime qu’il est possible de les gérer.

Préserver le caractère concurrentiel de l’économie

Tout le monde a intérêt à ce que la politique climatique appuie le développement économique et l’innovation. Les sept dernières années ont démontré que la taxe sur le carbone de la C.-B. peut atteindre ces objectifs et cela doit continuer à la prochaine étape. La C.-B. pourrait utiliser à nouveau certaines approches : réduction généralisée de l’impôt sur le revenu des sociétés et investissements ciblés dans les industries à fort taux d’émissions, comme celle du ciment. Une autre option consiste à investir ou consentir des crédits d’impôt pour appuyer les entreprises de la province prêtes à tirer profit de la croissance de la demande mondiale pour des énergies propres.

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Maintenir l’appui des Britanno-Colombiens

Les sondages démontrent un soutien assez constant de la taxe sur le carbone. Le dernier sondage indique un appui de 58 %, par rapport à 38 % d’opposition. Pour maintenir cet appui, il faut veiller à ce que la taxe sur le carbone continue de s’inscrire dans un plan plus vaste qui offre des solutions à toutes les régions de la province. Il est beaucoup plus facile d’appuyer cette politique si les gens voient aussi que le gouvernement applique des politiques, investit et collabore avec des partenaires comme les élus locaux en vue d’améliorer l’accès à d’autres options que les combustibles fossiles.

Support for carbon tax

Aider les ménages à faible revenu

Une préoccupation légitime quant à la taxe sur le carbone (à l’instar des autres taxes à la consommation) est son effet potentiellement négatif sur les ménages à faible revenu, qui consacrent une part plus élevée de leur revenu aux besoins essentiels – dont le chauffage et le transport. Il y a heureusement une solution assez simple à ce problème et la hausse de la taxe sur le carbone pourrait servir à améliorer l’équité fiscale. Le plus facile serait d’augmenter le crédit d’impôt pour les personnes à faible revenu au fur et à mesure que l’on augmente la taxe sur le carbone.

Pour revenir à ma phrase du début, le moment est bien choisi pour augmenter la taxe sur le carbone en C.-B. Il en résultera des difficultés gérables et des avantages importants. Augmenter la taxe sur le carbone, c’est le meilleur moyen pour la C.-B. de se rapprocher de ses cibles climatiques d’une façon qui profite à l’économie et favorise l’innovation. Et, en prime, la C.-B. pourrait impulser l’action sur le climat au Canada et ailleurs dans le monde en annonçant qu’elle est prête à aller de l’avant, forte du succès de son expérience.

Alors, qu’est-ce qu’on attend?

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Cet article fait partie de la série En Route Vers Paris. Sur la route menant à la Conférence de Paris, nous avons créé une série d’article sur les initiatives pancanadiennes qui valorisent une économie faible en carbone. Dans cette série de blogues, nous avons invité des experts avec qui nous collaborons au sein dans le secteur ‘Économie et Énergie’ à partager avec nous leurs réflexions. Notre objectif est de soutenir ces initiatives qui visent à transformer le discours sur la question du climat pour illustrer tout ce que l’on gagne avec le développement durable. Cliquez ici pour voir d’autres articles dans la série.