Élargir : s’inspirer des pratiques plutôt que des principes

Leçons tirées de l’expansion des programmes dans le secteur de l’invalidité

 
Blogue d’invité par Gord Tulloch, Directeur of d’innovation, PosAbilities 
Dans mon dernier billet, j’ai parlé des crises de confiance personnelles et professionnelles ayant mené à la création de Building Caring Communities (BCC), un nouveau service constitué d’une équipe de connecteurs communautaires qui travaillent dans le Grand Vancouver et Powell River à bâtir des communautés et des réseaux de soutien autour des personnes ayant une incapacité développementale. Le service est offert par quatre organismes d’intégration communautaire, eux-mêmes chapeautés par un appareil financé par le gouvernement provincial.
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La fondation de la famille J.W. McConnell nous a versé des fonds pour nous aider à étendre le modèle à toute la Colombie-Britannique (élargir la portée). Notre but était d’étendre d’abord le service dans le secteur de l’invalidité, puis d’en élargir le champ d’application (personnes âgées, immigrants et réfugiés, etc.). La première année a été consacrée en grande partie à consolider le modèle de BCC.

Et nous pensions être prêts.


Tout était en place – nous avions conçu un processus de recrutement novateur, créé des classifications et des descriptions de postes, importé un système de mesure, obtenu des contrats gouvernementaux pour la prestation des services (wow!) et identifié de nouveaux partenariats possibles.

Puis nous nous sommes ravisés.


Nous avons réalisé que l’approche était boiteuse. Elle était fondée sur la réplication de principes généraux (comme le développement fondé sur les actifs de la collectivité) et de résultats (comme les connexions), plutôt que la réplication d’interactions codifiées qui expliquent comment matérialiser les principes. La science de la mise en œuvre nous apprend que
le diable est dans les détails – il faut définir les principes dans le détail, au niveau des interactions. Autrement, il est impossible d’établir les comportements ou les interactions qui font effet – dans quels contextes, à partir de quels rôles ou selon quels scénarios. C’est un peu comme si on disait que l’honnêteté est la meilleure des stratégies sans illustrer la façon dont cela se traduit dans les rapports quotidiens, en espérant que l’intuition et la sensibilité des gens suffiront à les guider. Ce n’est pas une bonne stratégie de mise à l’échelle. Il fallait pouvoir répondre adéquatement à diverses questions, notamment : «?Pour qui le modèle de BCC semble-t-il fonctionner ou pas? Pourquoi? Qu’avons-nous fait pour que ça fonctionne? Que pouvons-nous améliorer la prochaine fois??»
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Un inventaire de la documentation sur la création de communautés et d’amitiés a révélé une lacune majeure dans la définition de la pratique : on y trouve une foule de stratégies générales et de principes fondés sur les actifs, mais presque rien sur la façon de les matérialiser dans les interactions, ou sur le rôle que joue la stigmatisation.
Il y a quelque chose de mystérieux, voire de sacré, dans les rapports entre les gens : poètes, philosophes, psychologues et métaphysiciens ont tous essayé d’en trouver la clé. Nous ne proposons pas de devenir des techniciens des rapports, encore moins de réduire à une série de directives ce qui survient de façon organique entre les gens. Il s’agit plutôt de porter attention à ce que nous disons et ce que nous faisons, au cheminement que nous facilitons, à ce qui se passe autour de nous, etc. Nous croyons que c’est un bon moyen de faire émerger des schémas récurrents qui permettront d’améliorer les résultats. Et qui nous permettront de commencer à développer un modèle de référence utile pour d’autres.