Nation de l’innovation sociale

Des événements récents suggèrent que le niveau de maturité du champ de l’innovation sociale est tel que l’on peut envisager un virage adaptatif et évolutif de nos systèmes — sur le plan économique, social et environnemental.
Voyez vous-même : du 25 au 27 mai, MaRS Solutions Lab (MSL) a accueilli Labs for Systems Change — la première rencontre mondiale de praticiens de premier plan dans le domaine, venus de 30 pays. Dans ses remarques, Frances Westley, de la chaire J.W. McConnell en innovation sociale de l’Université de Waterloo, a expliqué comment l’évolution des connaissances – sur la psychologie et la dynamique de groupe, la réflexion conceptuelle et la théorie des systèmes adaptatifs complexes – couplée à l’analyse des données et la modélisation informatique nous permet dorénavant d’étudier et d’améliorer le comportement institutionnel, et d’élaborer des solutions testables à des problèmes épineux.
À la même période, se déroulait du 26 au 30 mai la Semaine de l’innovation sociale à Vancouver, produite par BC Partners for Social Impact et SiG. Parmi les nombreuses activités entourant l’Échange de l’innovation sociale d’envergure mondiale, tenu pour la première fois au Canada, citons une improvisation publique d’idées et une conférence universitaire. La rencontre fut inaugurée par le ministre de l’Innovation sociale de la C.-B. — le premier du Canada. Il a prédit que dans cinq ans, tous les gouvernements emboîteront le pas : externalisation ouverte, introduction de structures d’entreprise hybrides, adoption de nouvelles mesures de finance sociale et soutien de la participation citoyenne pour trouver des solutions à nos problèmes les plus pressants.
Avec la récente annonce d’un fonds d’un milliard $ pour l’innovation culturelle et sociale, l’Alberta s’engage dans la même direction.
Mais ce n’est pas seulement l’affaire des gouvernements, des grandes sociétés, des fondations philanthropiques et des organismes communautaires. Selon Peter Senge, cité dans un récent article de blogue de Joe Hsueh, du partenaire de la Fondation Second Muse, intitulé Why the Human Touch is Key to Unlocking System Change : « Plus c’est systémique, plus c’est personnel ». Un rappel que le changement, ça commence par nous – par la transformation de nos habitudes et nos façons courantes de voir les autres et d’interagir avec eux.
~Stephen Huddart, président-directeur général